Maria dos Anjos Gussing
Quelles sont les principales préoccupations du CICR en Amérique latine et dans les Caraïbes sur le plan humanitaire ?
Les conséquences humanitaires des différentes situations de conflit et de violence armée organisée qu'endure la population dans plusieurs pays sont la principale source de préoccupation du CICR dans cette région.
La plus vaste opération menée par le CICR dans cette zone se déroule en Colombie, où il fournit protection et assistance aux victimes du conflit armé.
Le CICR s'emploie également à remédier aux conséquences découlant des conflits armés et autres situations de violence survenus par le passé, en accordant entre autres une attention particulière au sort des personnes privées de liberté ou au drame des personnes disparues.
Le CICR est aussi préoccupé par les situations de violence qui n'entrent pas dans le champ d’application du droit international humanitaire et qui ont néanmoins des conséquences humanitaires importantes auxquelles il faut parer pour venir en aide aux populations touchées. C'est le cas par exemple en Haïti, où il règne un climat de violence et d'instabilité. Dans ce pays, le CICR réalise un vaste éventail d'activités de protection et d'assistance en faveur de la population la plus vulnérable de la capitale et assure le suivi des conditions de détention dans les prisons du pays.
Dans le domaine de la prévention, le CICR encourage les gouvernements de la région à ratifier les traités de droit humanitaire et à intégrer les normes qui en découlent dans les législations nationales. En outre, il aide les Sociétés nationales de la Croix-Rouge à renforcer leurs capacités d'intervention en cas de situations de violence ou de catastrophe et s'attache à promouvoir les principes humanitaires par le biais de divers programmes destinés aux jeunes, aux milieux universitaires ou aux assistants sociaux.
Quelles sont les activités du CICR en Colombie ?
L'opération du CICR en Colombie, de par son envergure, figure au sixième rang des opérations de l'institution dans le monde et englobe des activités humanitaires très diverses dans plusieurs régions du pays. Le CICR répond aux besoins humanitaires des victimes du conflit colombien en menant des activités de protection et d'assistance axées sur les régions où les besoins sont les plus pressants. Ainsi, il fournit de la nourriture et des articles ménagers de première nécessité aux personnes qui ont dû fuir durant les premiers mois de leur déplacement, et coordonne son action avec celle des organismes chargés de les aider par la suite. En outre, il améliore l'accès de la population aux services de santé, dispense des soins de santé préventifs et curatifs, oriente les bénéficiaires vers les services de santé étatiques, accompagne le personnel du ministère de la Santé dans les zones retirées où les conditions de sécurité sont précaires et dirige des unités de santé mobiles avec le soutien de Sociétés nationales partenaires.
Le CICR visite des détenus dans toutes les prisons du pays, afin de rendre compte de leurs conditions de détention et du traitement qui leur est réservé. Il continue d'entreprendre des démarches pour pouvoir visiter les membres des forces armées et de police détenus par les groupes d'opposition armés. Il réalise également un important programme de lutte contre les mines antipersonnel, qui comprend des activités de sensibilisation aux dangers des mines, de réduction des risques, d'assistance aux victimes et de coordination avec d'autres acteurs clés qui s'emploient à prévenir les accidents et à répondre aux besoins des victimes des mines et autres restes explosifs de guerre.
Dans le cadre de son action humanitaire en Colombie, le CICR travaille en étroite collaboration avec la Croix-Rouge colombienne, essentiellement dans les domaines de l'aide d'urgence individuelle en faveur des déplacés, du regroupement des membres de familles dispersées par le conflit, de l'éducation aux dangers des mines, ainsi que de la promotion du droit humanitaire et des activités du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Quelles sont les activités du CICR en Haïti ?
Le CICR réalise principalement des activités de protection et d'assistance en faveur de la population touchée par la violence urbaine à Port-au-Prince et dialogue avec tous les acteurs armés pour renforcer le respect des principes humanitaires. Par ailleurs, il s'emploie à améliorer les conditions de détention de toutes les personnes incarcérées dans des établissements du système pénitentiaire national, en coordination avec les autorités ou d'autres organisations internationales. En outre, il s'efforce de mobiliser les autorités et la communauté internationale pour financer des travaux d’aménagement des infrastructures, en vue d'améliorer le système pénitentiaire du pays. Le CICR apporte son soutien à la Société nationale de la Croix-Rouge haïtienne pour renforcer sa capacité à faire face aux situations d'urgence et à transporter à l'hôpital les personnes blessées dans les quartiers en proie à la violence. De plus, le CICR met en œuvre des projets de distribution d'eau et d'assainissement dans ces quartiers.
Plusieurs conflits survenus ces dernières décennies ont profondément marqué l'Amérique latine. Quelles activités le CICR entreprend-il pour faire face aux conséquences humanitaires de ces conflits ?
Le CICR s'attache à répondre aux besoins qui découlent de conflits armés survenus par le passé, notamment en venant en aide aux familles de personnes portées disparues et en assurant le suivi des conditions de détention des personnes privées de liberté dans plusieurs pays. S'agissant des personnes disparues, les activités du CICR consistent, entre autres, à rétablir les liens familiaux, à faire la lumière sur le sort des personnes portées disparues,à appuyer les activités des équipes médicolégales pour identifier les restes humains, à aider les États à instaurer des mesures législatives et administratives pour prévenir la disparition de personnes dans les situations de violence interne ou de conflit armé, et à coordonner ses activités avec celles d'organisations non gouvernementales actives dans ces domaines.
Le CICR visite régulièrement des personnes privées de liberté pour des raisons liées à des conflits passés, facilite les contacts entre les détenus et leurs proches, et aide les autorités pénitentiaires à améliorer les conditions de détention dans leurs établissements. Il travaille en particulier avec les autorités de divers pays pour améliorer les services de santé offerts aux détenus.
Quelles activités le CICR réalise-t-il pour promouvoir le droit humanitaire ?
Le CICR assiste les gouvernements de ses conseils pour la ratification et l'application des instruments du droit international humanitaire. Il appuie les autorités nationales dans le processus de ratification des traités internationaux et de rédaction des lois sur les emblèmes de la croix rouge et du croissant rouge, sur la répression des crimes de guerre pour lutter contre l'impunité et sur les réponses à apporter au problème des personnes disparues.
Le CICR travaille également avec les jeunes sur les questions liées à la violence. Dans ce cadre, il a introduit le programme intitulé Explorons le droit humanitaire dans les écoles et propose des séances de formation pour les enseignants. Par ailleurs, il encourage l'intégration du droit international humanitaire dans les programmes de certaines universités et organise des séminaires à l'intention des journalistes désireux de mieux connaître le droit applicable en situation de conflit armé et l'action que mène l'institution dans différentes régions du monde.
Dans le cadre de ses activités et de sa collaboration avec les Sociétés nationales, le CICR s'emploie à promouvoir les principes humanitaires et les méthodes de travail du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Quelle présence le CICR assure-t-il en Amérique latine et dans les Caraïbes ?
Actuellement, le CICR gère ses activités humanitaires en Amérique latine et dans les Caraïbes depuis ses bureaux situés dans neuf pays et couvrant toute la région. Les délégations en Colombie et en Haïti, établies respectivement en 1969 et en 1994, concentrent leur action sur ces deux pays. La délégation régionale à Mexico coordonne les activités menées en Amérique centrale et dans les pays hispanophones des Caraïbes, celle qui est basée à Caracas se charge des activités au Venezuela, au Surinam et dans les pays anglophones des Caraïbes, celle de Lima dirige les activités réalisées au Pérou, en Bolivie et en Équateur et celle de Buenos Aires gère les activités entreprises en Argentine, au Brésil, au Chili, au Paraguay et en Uruguay. Par ailleurs, le CICR dispose de trois bureaux à Ciudad Guatemala, à Port of Spain et à Brasilia. Le budget der 2008 pour l'ensemble de la région s'élève à quelque 50 millions de dollars US, et nous comptons 87 délégués expatriés et 407 collaborateurs locaux.
|
©CICR/KRASSOWSKI, Witold / co-e-00299
Département de Magdalena, Colombie, novembre 2007. Le CICR fournit une aide d'urgence à une communauté indigène déplacée.
©CICR/GUIDOTTI , Gianluca
Cité-Soleil, Haïti, 2008. Des habitants du quartier récoltent de l'eau à une fontaine installée par le CICR.
©CICR/HEGER, Boris / ec-e-00051
Quito, Équateur, avril 2007. Un réfugié colombien écrit un message Croix-Rouge à sa famille, qui vit encore en Colombie.
©CICR/MOLINA, Carla
Quiché, Guatemala, décembre 2007. Avec le soutien du CICR, le Centre d'anthropologie médicolégale de Guatemala a remis à des familles les restes humains récemment identifiés de proches disparus durant le conflit des années 80.
©CICR/HEGER, Boris / pe-e-00134
©CICR/HEGER, Boris / bo-e-00044
Sucre, Bolivie, avril 2007. Un délégué du CICR répond à des questions lors d'un atelier sur la santé dans les prisons.
©CICR/DOS SANTOS, Alex
Asunción, Paraguay, mars 2008. Un représentant du CICR s'entretient avec une détenue dans la prison pour femmes Casa del Buen Pastor.
©CICR
Caracas, Venezuela, janvier 2008. À l'initiative du CICR, des journalistes de différents médias se réunissent pour discuter des activités et de la mission de l'institution, ainsi que des principes humanitaires.
|
|