Contamination par les armes
Le CICR collabore avec plusieurs institutions et organismes pour répondre aux besoins des victimes de mines antipersonnel, d'engins explosifs improvisés et de restes explosifs de guerre.
En avril 2008, un mémorandum d’accord a été conclu avec le Programme présidentiel d’action intégrale contre les mines antipersonnel (PAICMA) pour faciliter l’échange d’informations sur l’assistance aux victimes et les activités de diffusion du système de prise en charge des victimes.
Le CICR a continué de travailler avec Handicap International pour mener à bien les activités prévues dans le mémorandum d’accord qu'ils ont signé en septembre 2007, notamment l'évaluation technique nécessaire à l'élaboration et à l'utilisation d'outils de promotion de comportements sans risque pour la prévention des accidents et incidents dus aux mines et autres engins explosifs, ainsi que la diffusion d’informations sur le système de prise en charge des victimes auprès de la population civile et des autorités locales.
Depuis avril 2008, le CICR a réalisé des activités de diffusion et de formation dans des zones urbaines et rurales des départements de Bolívar, Cauca et Meta.
Santé
D’avril à juin 2008 :
122 personnes déplacées et 80 habitants des zones touchées par le conflit armé ont reçu une aide financière pour pouvoir accéder à des soins médicaux ;
570 personnes ont été orientées vers les services de santé de l’État ;
99 personnes, victimes de mines, de restes explosifs de guerre ou d’autres armes, ainsi que des femmes ayant subi des violences sexuelles, ont reçu une aide financière pour pouvoir assumer les frais de traitement médical ou de réadaptation physique.
Assistance aux personnes déplacées
D’avril à juin 2008, le CICR (avec le soutien de la Croix-Rouge colombienne dans certains cas) a prêté assistance à plus de 19 000 personnes déplacées.
Parmi ces personnes, plus de 16 200 sont venues individuellement chercher de l’aide dans l’un des 11 bureaux que compte le CICR dans différentes villes du pays ou dans les sections de la Croix-Rouge colombienne avec lesquelles le CICR a conclu des accords de coopération.
Les quelque 3 000 autres personnes ont reçu une assistance durant les 12 cas de déplacement massif de population qui ont eu lieu dans les départements d’Antioquia, Bolívar, El Chocó, Huila et Nariño.
Eau et habitat
Le CICR soutient différentes initiatives de construction ou de réhabilitation de petites infrastructures afin d’améliorer les conditions de vie de la population civile se trouvant dans des zones touchées par le conflit armé.
Durant la période considérée, le CICR a :
remis en état trois salles de l’école d'El Zarzal, dans le département de Cauca, et construit des sanitaires ;
construit la cuisine et le réfectoire de la cafétéria de l’école d’El Vergel, dans le département de Nariño ;
agrandi et rénové la cafétéria de l’école d’El Decio, dans le département de Nariño ;
agrandi et rénové la cafétéria de l’école de Filipinas, dans le département d’Arauca, et réhabilité le système d’approvisionnement en eau et d’évacuation des eaux ;
construit des sanitaires et un réfectoire, reliés à un système d’approvisionnement en eau et d’évacuation des eaux usées à Galaxia, dans le département d’Arauca ;
construit des sanitaires et un nouveau système d’évacuation des eaux usées à Santo Domingo, dans le département de Meta.
Quelque 640 enfants ont bénéficié de ces travaux.
Protection
Rétablissement des liens familiaux
Dans le monde entier, le système des messages Croix-Rouge, qui permet l'échange de nouvelles de nature strictement familiale entre des proches séparés en raison du conflit, est utilisé par le CICR pour rétablir les liens familiaux. En Colombie, l’institution s’efforce ainsi d’aider les otages ou les personnes détenues à reprendre contact avec leur famille.
D’avril à juin 2008, le CICR a distribué trois messages Croix-Rouge et en a collecté 15.
Le 21 avril, dans la zone rurale de la municipalité d’Anorí (département d’Antioquia), l’institution a accueilli deux soldats qui étaient détenus par l’ELN (Armée de libération nationale), à la demande de ce groupe armé. Pour cette opération, elle a bénéficié du soutien du Programme aérien de santé de Colombie.
Visites aux personnes privées de liberté pour des motifs liés au conflit
Les délégués du CICR ont effectué 45 visites dans des lieux de détention permanents sous la responsabilité de l'Institut national pénitentiaire, et 55 visites dans des centres de détention provisoires relevant des forces armées, de la police nationale, du département de la sécurité (DAS) ou du ministère public, afin d’évaluer les conditions de détention des personnes privées de liberté pour des motifs liés au conflit.
Coopération avec la Société nationale
Le CICR collabore avec la Croix-Rouge colombienne dans le domaine de la sensibilisation aux risques liés aux mines, de la santé et de l’assistance. Des activités de sensibilisation ont été réalisées dans les communautés d’Antioquia, Caldas, César, Meta et Santander, en faveur de quelque 600 personnes.
À Santa Rosa del Sur, dans le département de Bolívar, 23 aides-soignants et promoteurs de la santé ont pu participer à un séminaire de perfectionnement axé sur la prise en charge initiale de blessés et la sensibilisation au VIH/sida. Le séminaire a été organisé dans le cadre d’un accord conclu entre le CICR et la Croix-Rouge colombienne.
Durant cette période, 25 personnes touchées par le conflit armé ont bénéficié d'un service de conseils et d’une aide financière pour payer des titres de transport et des provisions de voyage, des examens de laboratoire et du matériel orthopédique à Nariño, où le CICR a conclu un accord avec la section locale de la Croix-Rouge colombienne, comme il l’a fait avec la section de Huila, qui a également offert des services d'assistance et de conseils aux victimes du conflit.
Un forum interinstitutionnel sur le soutien psychosocial a été organisé du 18 au 20 juin par la Direction générale de la santé de la Croix-Rouge colombienne en coopération avec le CICR, la Croix-Rouge française et l’Office humanitaire de la Communauté européenne (ECHO). Dans le cadre de ce forum, les participants ont abordé la problématique du soutien psychosocial en faveur des personnes vulnérables ou des victimes de catastrophes, de conflits armés ou d'autres situations d'urgence.
Avec l’appui de volontaires locaux, une assistance a été apportée aux personnes déplacées dans les départements de Chocó, Nariño et Risaralda. La section de la Croix-Rouge colombienne de Risaralda collabore avec le CICR en lui fournissant un soutien logistique, notamment des véhicules et un espace de stockage dans ses entrepôts.
Communication
Le CICR organise des réunions d’information à l’intention des autorités, des membres des forces de sécurité et de l’armée (Fuerza Pública), des groupes armés organisés, de la société civile et de la population, en vue de faire part de ses préoccupations au sujet des conséquences que le conflit armé entraîne sur le plan humanitaire pour la population civile et de faire connaître sa mission et ses méthodes de travail.
D’avril à juin 2008, deux cours organisés à l’intention des journalistes, à Bogotá et à Santa Marta, ont été suivis par 80 professionnels de la communication.
En outre, le CICR a tenu 42 séances d’information, auxquelles ont assisté quelque 3 800 personnes, dont 3 500 porteurs d’armes des forces de sécurité et de l'armée et des groupes armés organisés.
Par ailleurs, trois séances d’information ont été organisées pour faire connaître les normes du droit international humanitaire qui établissent la protection de la mission médicale. Environ 340 membres des forces de sécurité et de l’armée y ont assisté.