L'instabilité chronique de la région, ainsi que les différents conflits qu'elle a connus ont fragilisé les infrastructures hydrauliques et le système d'approvisionnement en eau de Saké. Le CICR y a entrepris en septembre 2007 un projet d'adduction gravitaire qui permettrait de recueillir de l'eau depuis la localité de Mushake.
« Les habitants de Saké ont été touchés à la fois par l'insécurité et par les conflits qui ont endommagé les infrastructures hydrauliques », explique Jean-Marc Berge, ingénieur en eau et assainissement du CICR. « Ajoutez à cela la concentration élevée de fluor dans le peu d'eau qu'ils parvenaient à avoir, et la présence du volcan Nyiragongo tout proche dont les panaches de fumée déposent régulièrement des particules de poussière dans les sources d'eau, et vous aurez une petite idée des difficultés auxquelles ils ont dû faire face. »
Ce projet a pris une importance particulière avec la reprise du conflit au Nord-Kivu fin 2008. En effet, non seulement les habitants de Saké souffraient de la faible quantité d'eau disponible et de sa qualité déplorable, mais ils ont également dû partager cette précieuse ressource avec les nombreuses personnes déplacées arrivées dans la ville en octobre 2008, en provenance notamment de Mushake.
La population locale et les personnes déplacées à Saké – environ 43 000 personnes au total – vont pouvoir bénéficier des travaux de réhabilitation de quatre sources, deux réservoirs et 13 bornes-fontaines, ainsi que de la construction de 23 nouvelles bornes-fontaines et d'un réseau de distribution de 8,3 km.
Ce système d'approvisionnement en eau élargi et rénové, le CICR le remet aujourd'hui, au terme de deux ans de travaux, non seulement aux autorités de la ville de Saké, mais surtout à des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants pour qui avoir de l'eau potable était devenu un défi quotidien.
Informations complémentaires :
Inah Kaloga, CICR Kinshasa, tél. : + 243 81 700 85 36
Kerstan Cohen, CICR Goma, tél. : + 243 81 03 66 812