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11-03-2009  Le point sur les activités  
Irak : activités du CICR en janvier 2009
Janvier 2009 a apporté un calme relatif en Irak malgré la crainte que les élections provinciales n’entraînent une détérioration des conditions de sécurité. Des incidents violents se sont cependant produits, principalement à Mossoul et à Kirkouk et dans la région de Qandil. Même avec l’amélioration de la situation de sécurité, des services essentiels tels que l’eau, l’électricité et les soins médicaux font toujours défaut à la population.

Dans les rues de la capitale, la vie a retrouvé une certaine normalité. « On dirait que Bagdad a émergé de plusieurs années de violences abominables, mais l’accalmie est fragile et récente et nous ne savons pas si elle durera », dit un employé du CICR à Bagdad. Des incidents violents se sont cependant produits, principalement à Mossoul et à Kirkouk et dans la région de Qandil.

Même avec l’amélioration des conditions de sécurité, des services essentiels tels que l’eau, l’électricité et les soins médicaux font toujours défaut à la population. Les perspectives d’emploi sont rares et les salaires ne suffisent pas à vivre. Pour un Irakien moyen gagnant environ 70 dollars par mois, les prix des produits sont trop élevés. De plus, cette personne n’aura souvent aucun accès aux soins de santé. De nombreux enfants, plutôt que d’aller à l’école, essaient d’aider leur famille en remontant les files de voitures pour vendre des articles tels que cigarettes, fruits ou douceurs aux conducteurs piégés dans les embouteillages de la capitale.

©CICR
Gouvernorat de Najaf, institut Demah pour handicapés mentaux. La mère d'un malade reçoit l'assistance d'hiver distribuée par le CICR (couvertures, articles d'hygiène et de cuisine)

Durant le mois de janvier, le CICR a continué de soutenir les civils en distribuant des articles d’urgence et de protection contre l’hiver aux personnes déplacées par les combats ou d’autres violences dans les montagnes de Qandil et d’autres gouvernorats, notamment Babil, Najaf et Diyala.

Le rétablissement des liens familiaux est toujours au cœur des activités menées par le CICR en Irak en coopération avec le Croissant-Rouge de l’Irak. Les familles qui ne savent pas ce qu’il est arrivé à leurs proches après leur arrestation ou leur déplacement craignent souvent le pire. Elles sont soulagées lorsqu’elles reçoivent un message Croix-Rouge délivré par des volontaires du Croissant-Rouge de l’Irak.

« Je n’oublierai jamais le jour où j’ai reçu un message Croix-Rouge de mon fils détenu, que je croyais mort », dit Umm Mohammed, une veuve de Falloudjah. « Maintenant je sais que mon fils est en vie. Il m’a écrit un message… Je vis dans l’espoir de le revoir. »

En janvier, le CICR et le Croissant-Rouge de l’Irak ont renouvelé leur accord annuel pour continuer de fournir ce service vital. Quelque 150 volontaires du Croissant-Rouge et 50 membres du personnel du CICR participent aux recherches et au rétablissement des liens entre les membres d’une même famille dispersés en Irak, souvent dans des conditions de sécurité difficiles. Ce réseau opère aussi dans d’autres pays avec l’aide d’autres Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ou du CICR.


Secours aux personnes déplacées et aux résidents

L’hiver en Irak est connu pour être rude et les nuits peuvent être très froides. Les personnes déplacées dans le pays en conséquence du conflit armé qui vivent dans des camps de fortune ou dans des logements improvisés se trouvent dans une situation précaire. Pour les aider à mieux supporter les conditions difficiles, le CICR a :

  • fourni des articles de ménage essentiels tels que couvertures, bâches, théières et bouilloires à quelque 9 000 déplacés internes dans le camp d’Al-Rahma (Najaf) et dans le camp militaire de Saad (gouvernorat de Diyala).
  • distribué des articles semblables à 15 ONG locales dans les gouvernorats de Najaf et Babil, qu’elle distribueront à 5 700 personnes en ayant besoin.
Dans le nord, le CICR a distribué des vivres et des articles d’hygiène à 840 personnes ayant fui les districts de Qaladiza et Qandil pour Sangasar et Zharawa à cause des bombardements incessants. Les personnes déplacées ont laissé derrière elles tous leurs biens. La majorité d’entre elles partagent aujourd’hui des maisons trop petites avec des proches et des amis, tandis que quelques familles louent des logements sans aucun confort.

Chaque mois, quelque 102 000 personnes sans revenu reçoivent une assistance alimentaire et des articles d’hygiène dans le cadre d’un programme du CICR qui a débuté en été 2008. Les bénéficiaires sont des personnes déplacées, principalement dans les gouvernorats de Diyala, Ninawa et Bagdad au centre du pays, mais aussi à Salahaddin, Babil, Sulaymaniya et Al Anbar.

En janvier, quelque 10 000 fermiers des gouvernorats d’Erbil, Dohuk, Sulaymaniya, Diyala, Ninawa et Kirkouk ont reçu une deuxième livraison d’engrais, après une première distribution de semences et d’engrais conduite par le CICR l’an dernier après une grave sécheresse ayant touché des régions du nord et du centre de l’Irak.


Visites des détenus

Le principal objectif des visites du CICR dans les lieux de détention est d’évaluer le traitement accordé aux détenus et les conditions de détention. Le personnel expatrié du CICR parle aux détenus en groupe ou en tête-à-tête pour entendre ce qu’ils ont à dire et juger leur situation. À la fin de la visite, le CICR communique confidentiellement ses conclusions aux autorités détentrices.

Le CICR a distribué 6 500 couvertures pour les détenus de la prison de Rusafa à Bagdad, 300 pour ceux de la prison de Harithiya, aussi dans la capitale, et 300 autres pour les détenus de la prison de Maaqal à Basrah. Cette distribution répondait à un besoin urgent repéré par les délégués du CICR lors de deux précédentes visites, et que les autorités n’avaient pas pu satisfaire assez rapidement. Le CICR a aussi distribué 40 litres de matériel de traitement contre la gale dans la prison de Harithiya.

  • Le CICR a visité 3 000 personnes détenues dans deux centres d’internement des forces américaines et de la force multinationale en Irak situés à l’aéroport de Bagdad. Les délégués du CICR ont rencontré plus de 200 détenus sans témoins.
  • Lors d’une visite dans la prison fédérale de Fort Suse dans le nord de l’Irak durant la dernière semaine de janvier, le CICR a évalué l’état de santé des détenus.
  • Les délégués du CICR ont visité 10 centres de détention sous l’autorité du gouvernement régional kurde à Erbil, Dohuk et Sulaymaniya. Lors de ces visites, ils ont rencontré individuellement quelque 50 détenus et accordé une attention particulière à la question de l’accès des détenus aux services de soins de santé.
  • Le 17 janvier, le CICR a facilité le rapatriement d’un ressortissant jordanien après sa libération d’un lieu de détention américain. Le CICR offre ses services de rapatriement aux étrangers détenus en Irak qui le demandent. Les rapatriements se déroulent après leur libération et avec leur plein consentement.
  • Le Croissant-Rouge de l’Irak et le CICR collaborent pour distribuer des « certificats de détention ». Ceux-ci sont délivrés par le CICR aux détenus visités et enregistrés par le personnel expatrié du CICR. Les certificats permettent aux détenus ou à leur famille d’avoir droit à des prestations sociales ou de justifier leur absence à l’école ou au travail.

Des salles d’urgence mieux équipées et de l’eau potable dans les hôpitaux
©CICR/O. Saad / iq-e-00712
Amara. Hôpital Al Sadr
La faiblesse des infrastructures irakiennes amplifie les problèmes quotidiens de la population civile. L’accès à l’eau potable et aux soins de santé reste la principale préoccupation de la plupart des Irakiens.

En janvier, le CICR a :

  • fourni des équipements pour les salles d’urgence de cinq centres de soins de santé primaires dans les gouvernorats de Diwaniya, Diyala, Kirkouk, Muthana et Ninawa. Les équipements comprenaient des lits à roulettes, des chaises roulantes, des défibrillateurs, des nébuliseurs, des pompes et des lampes d’opération.
  • livré une trousse médicale d’urgence contenant des médicaments de premiers secours et usuels pour 5 000 personnes au centre de soins de santé primaires du camp de Faedah pour les réfugiés et autres personnes déplacées dans le gouvernorat de Dohuk. Quelque 12 000 personnes vivent dans le camp et ont des besoins constants en termes de soins de santé, d’hygiène de base, et d’eau et assainissement. Le centre de soins de santé primaires de Faedah traite quelque 100 patients par jour.

Dans les hôpitaux et les centres de soins de santé primaires, l’eau potable est aussi vitale que l’hygiène. Le CICR a :
  • installé des petits filtres (1 000 litres/heure) dans quatre hôpitaux de Bagdad pour améliorer la qualité de l’eau potable.
  • rénové le système d’approvisionnement en eau et réparé l’incinérateur de l’hôpital général Al-Amriyah à Anbar (capacité de 100 lits, nouveaux réservoirs d’eau de 50 et 100 mètres cubes) et procédé à des réparations au centre de soins de santé primaires Hatmiyah à Salaheddin, qui peut traiter 40 patients par jour.
  • continué d’acheminer de l’eau par camion à l’hôpital psychiatrique Al Rashad. L’acheminement d’eau par camion à l’hôpital a débuté en 2008 et s’est poursuivi de façon à fournir de l’eau potable aux patients jusqu’à ce que la rénovation du système d’approvisionnement en eau soit terminée.
  • remis en état et nettoyé la station de pompage de Baquba desservant environ 30 000 habitants et continué d’apporter de l’eau par camion à quelque 5 000 personnes déplacées à Bagdad, Al Anbar et Sulaymaniya.


Promotion du droit international humanitaire

En sa qualité de défenseur et gardien du droit international humanitaire, le CICR doit encourager le respect de cette branche du droit. Une façon de le faire est d’organiser des séances d’information et des ateliers qui visent à rappeler aux porteurs d’armes leur obligation d’épargner les personnes qui ne participent pas, ou plus, aux hostilités. En veillant à ce que les soldats et autres combattants connaissent et respectent le droit international humanitaire, le CICR réduit les dangers qui menacent les personnes dans tout conflit armé. En janvier :

  • le CICR a présenté un exposé de deux jours sur les principes fondamentaux du droit international humanitaire à quelque 200 élèves officiers du collège militaire de Zakho, dans le nord de l’Irak, dans la zone sous l’autorité du gouvernement régional kurde.
  • quelque 40 officiers peshmerga supérieurs et subalternes ont assisté à un exposé semblable à Dohuk.

Il est essentiel, pour la sécurité de l’institution et pour qu’elle ait accès aux victimes du conflit armé, que les porteurs d’armes connaissent et comprennent les activités neutres, indépendantes et purement humanitaires du CICR. Par conséquent, un exposé sur le CICR et ses activités en Irak a été présenté au commandement de la division multinationale à Bagdad.

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11-03-2009