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12-10-2009  Éclairage  
Somalie : le Red 444 du CICR achemine des secours aux victimes du conflit et de la sécheresse
Dans de nombreuses régions de Somalie, la voie aérienne est la seule permettant d'acheminer du matériel et de dépêcher des travailleurs humanitaires là où des personnes en ont le plus besoin. Cette année, le Red 444 du CICR a déjà effectué près de 500 atterrissages dans ce pays ravagé par la guerre pour fournir une aide humanitaire attendue de toute urgence.


©CICR/P. Yazdi
Somalie. Aéroport de Beletwein (région de Hiiran). Le personnel décharge du matériel pour l’approvisionnement en eau et l’habitat, ainsi que des fournitures médicales.
L’avion, dont l’indicatif radio est « Red-triple-four » [Rouge-triple-quatre], se pose dans le centre de la Somalie, sur une piste brûlante et non goudronnée, au milieu de la brousse desséchée. Après des mois de grande sécheresse, la chaleur est étouffante. Des mirages apparaissent au loin, tandis que les pilotes et d’autres membres du personnel déchargent de grandes caisses de l’avion pour les placer sur un camion, qui assurera leur transport vers un dispensaire du Croissant-Rouge de Somalie.

Plusieurs fois par semaine, le Beechcraft 1900C blanc du CICR, facilement reconnaissable à l'emblème de la croix rouge qu'il porte sous chaque aile, décolle de l’aéroport international de Nairobi. À son bord, une précieuse cargaison : des médicaments, du matériel chirurgical, des matériaux de construction, des articles de secours et des travailleurs humanitaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui se rendent dans différentes régions de la Somalie.

Deux décennies de conflit armé, une crise économique et une sécheresse chronique ont épuisé les ressources de la population somalienne, et les familles ont du mal à nourrir leurs enfants. De nombreuses personnes sont ainsi tributaires de l’aide humanitaire.

Asha Mahmud et ses trois enfants vivent dans une hutte de fortune près de Dhusa Mareb, la capitale de Galgudud, dans la région centrale. Le CICR achemine chaque semaine un million de litres d’eau dans cette zone aride. La sécheresse dans la région centrale et l’insécurité n'ont fait qu'aggraver une situation humanitaire déjà désastreuse. La pénurie d’eau touche de plein fouet les familles déplacées. La plupart ont trouvé refuge dans des endroits éloignés des points d’eau et doivent marcher des heures sous la chaleur avant de rejoindre un puits ou un forage dont elles peuvent encore tirer de l’eau. « Nous avons fui Mogadiscio à cause des combats », déclare Asha. « Aujourd’hui, le problème, c’est la sécheresse. La pénurie de nourriture et d’eau affaiblit beaucoup mes enfants. Deux d’entre eux sont malades, et j’ai dû les emmener au dispensaire de Dhusa Mareb. »

©CICR/P. Yazdi
Kenya. Aéroport international de Nairobi. Chargement à bord du Red 484 (l’appareil d’appoint du Red 444) de matériel pour l’approvisionnement en eau et l’habitat destiné à la Somalie.

Le dispensaire de Dhusa Mareb est l'un des 34 dispensaires du Croissant-Rouge de Somalie auxquels le CICR apporte son assistance et son soutien. Aujourd’hui, le Red 444 arrive chargé de médicaments pour le dispensaire. « Le chargement que l’avion du CICR achemine en Somalie est constitué à 85 % de fournitures médicales et de matériel chirurgical destinés à des structures médicales, notamment les deux principaux hôpitaux de Mogadiscio », déclare Pierre-Alain Racine, coordonnateur logistique du CICR pour la Somalie. « Il arrive que nous devions affréter un second avion pour transporter tous les secours médicaux. »

Le CICR soutient deux hôpitaux chirurgicaux de référence à Mogadiscio : Medina et Keysaney. À eux deux, ces établissements ont traité plus de 3 900 blessés depuis janvier 2009. « Sans l’avion du CICR, il serait impossible de gérer convenablement ces deux hôpitaux, qui sont les seuls hôpitaux de référence à Mogadiscio », affirme Randi Jensen, la personne responsable du matériel hospitalier. « Nous réapprovisionnons régulièrement les deux établissements, et je ne sais pas ce que nous ferions sans le Red 444. Les patients blessés doivent être pris en charge immédiatement, et les chirurgiens ne peuvent pas opérer sans du matériel et des médicaments adéquats. Si nous voulons sauver des vies, nous devons agir rapidement. »

« Le plus grand problème quand on pilote un avion en direction de la Somalie, ce sont les conditions de sécurité », déclare William Mwadime, qui gère les vols du CICR en Somalie depuis six ans. « Nous atterrissons à dix endroits différents dans le centre et le sud de la Somalie, et évaluons donc en permanence les conditions de sécurité sur le terrain. Cette année, nous avons effectué plus de 100 rotations et atterri en Somalie 462 fois. »

Les pilotes et la délégation du CICR tiennent régulièrement des réunions. Les pilotes pourraient travailler pour des opérateurs commerciaux, mais, en dépit des risques, ils préfèrent œuvrer pour le CICR. « Nous prenons incontestablement des risques en volant vers la Somalie, et nous en avons conscience. Mais il faut bien que quelqu’un fasse ce travail, et je suis heureux de participer à l’action humanitaire du CICR », affirme Ramesh Peshavaria, un pilote confirmé. « Je tiens à préciser que, depuis 13 ans que je vole en Somalie au service du CICR, je n’ai jamais été victime d’un incident. On peut compter sur le réseau du CICR et le personnel de terrain pour effectuer une évaluation fiable des conditions de sécurité. Je pense que le CICR est bien accepté et respecté en Somalie. »

©CICR/P. Yazdi
Somalie. Le Red 444 décolle d’un aéroport près de Mogadiscio.

Les délégués du CICR et les collaborateurs sur le terrain portent un profond respect à ces humanitaires qui sillonnent les airs. Les visages s’illuminent quand l’appareil du CICR apparaît dans le ciel somalien.
« L’avion est un élément essentiel de notre action humanitaire en Somalie », déclare un des membres du personnel du CICR dans la région du Bas Shabelle. « Ces derniers jours, des combats ont eu lieu à Kismayo et dans les environs. L’hôpital de Kismayo a donc dû faire face à un afflux soudain de victimes. Malgré les conditions de sécurité précaires, l’avion du CICR a pu se poser sans encombre avec, à son bord, du matériel chirurgical, deux chirurgiens de guerre et un membre du personnel infirmier du Croissant-Rouge de Somalie. Le Red 444 a joué un rôle déterminant. »

©CICR/P. Yazdi
Somalie. Aéroport de Dhusa Mareb. Fournitures médicales destinées à un dispensaire du Croissant-Rouge de Somalie.
©CICR/P. Yazdi
Kenya. Aéroport international de Nairobi. Chargement de l’appareil d’appoint du Red 444, le Red 484.
©CICR/P. Yazdi
Somalie. Le personnel au sol fait le plein de carburant.
©CICR/P. Yazdi
Somalie. Aéroport de Beletwein (région de Hiiran). Un camion chargé de fournitures médicales et d’articles de secours s’éloigne du Red 444.
©CICR/P. Yazdi
Somalie. Le personnel au sol fait le plein de carburant.

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12-10-2009