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15-01-2009  Le point sur les activités  
Sri Lanka : déplacement massif de civils dans un conflit qui s'aggrave
Ces dernières semaines, un nombre plus important que jamais de civils ont quitté des zones tenues par les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) pour entrer sur le territoire contrôlé par le gouvernement.

Le CICR les a aidés à maintenir des conditions d'hygiène satisfaisantes, à rester en contact avec leurs proches et à garder espoir.

Au cours des cinq derniers jours, les combats ont empêché les secours de parvenir aux habitants de la région de Vanni. « Les civils de Vanni sont las du conflit. Les déplacements répétés, impliquant souvent la perte de leurs effets personnels, les ont éprouvés. Néanmoins, leur faculté de rebondir est remarquable », a déclaré Paul Castella, chef de la délégation du CICR dans le pays. « Le CICR est déterminé à rester auprès d'eux aussi longtemps qu'il y aura des besoins à couvrir. »

En raison des combats actuels et de la ligne de front mouvante, des dizaines de milliers de civils déplacés sont concentrés dans une zone si petite qu'il y a lieu de se préoccuper sérieusement de leur sécurité physique et de leurs conditions de vie, notamment en termes d'hygiène. En outre, le CICR doit chaque jour négocier avec les parties un passage dans de bonnes conditions de sécurité sur une distance allant jusqu'à 30 km, entre la zone contrôlée par le gouvernement et celle tenue par les LTTE (entre 2002, lorsque le cessez-le-feu fut signé, et novembre 2008, des garanties de sécurité étaient nécessaires pour emprunter une route longue de 300 m seulement). Étant donné la nouvelle situation, le CICR a dû faire venir davantage de personnel international et national pour gérer les convois et communiquer avec les parties sur le terrain.

Le CICR négocie également avec les parties au conflit pour garantir le passage en toute sécurité des ambulances transportant des malades et des blessés, ainsi que des professionnels de la santé, entre les différentes structures médicales situées dans les zones aux mains des LTTE et Vavuniya, territoire contrôlé par le gouvernement. Il est cependant extrêmement préoccupé par le fait qu'aucun sauf-conduit n'a été délivré depuis le 9 janvier. En effet, la vie de certaines personnes qui ne peuvent pas recevoir de traitement adéquat sur place et qui, de ce fait, doivent être transférées à l'hôpital de Vavuniya est mise en danger.

Une des grandes préoccupations du CICR est de garantir la protection des civils, des malades et des blessés, ainsi que du personnel médical, protection à laquelle ils ont droit en vertu du droit international humanitaire. À maintes reprises, l'institution a rappelé aux parties au conflit – en particulier ces derniers jours – leur obligation de protéger les personnes qui ne participent pas aux hostilités.

Le CICR continue de soutenir les personnes déplacées dans la région de Vanni

Dans les districts de Mullaitivu et de Kilinochchi, de plus en plus de civils ont abandonné foyer ou abri en décembre pour fuir les zones de combat. Malheureusement, dans cette partie du pays, il ne reste bientôt plus d'endroit où les gens peuvent échapper aux hostilités. « Des familles se dirigeant vers l'ouest en quête d'un lieu sûr rencontrent d'autres familles allant vers l'est dans le même but », a expliqué Paul Castella.

Les fortes pluies qui sont tombées sur la région en décembre ont endommagé les abris et les routes, et détruit les cultures vivrières pour un coût estimé à plusieurs millions de roupies, ce qui pose davantage de problèmes aux populations déplacées.

Les structures de soins de santé existantes parviennent à répondre aux besoins des civils en matière de soins de santé primaires, malgré un manque de personnel et d'autres contraintes.

Le CICR a distribué des articles d'hygiène et des produits de soin pour bébés à plus de 750 personnes déplacées, et construit des latrines et des bassins pour la toilette. En outre, il a suivi de près les conditions de vie des déplacés dans les centres mis en place par les autorités à Jaffna et Vavuniya. Les délégués de l'institution ont écouté les préoccupations des personnes vivant dans ces centres et, lorsque c'était nécessaire, les ont aidées à rétablir le lien avec leurs proches au moyen des messages Croix-Rouge.

Pour éviter l'apparition de maladies transmises par les moustiques parmi la population déplacée, le CICR a distribué quelque 350 moustiquaires pour bébés.

En travaillant avec les volontaires de la Croix-Rouge de Sri Lanka, le CICR a fourni un abri et des articles de première nécessité à quelque 3 600 personnes déplacées à Puthukkudiyirippu. Il a également remis en état des puits et construit des latrines pour la population déplacée à Oddusuddan, Kandavalai et Puthukkudiyirippu. En outre, il a distribué des tentes et des bâches à plus de 1 100 personnes déplacées dans ces zones pour qu'elles installent des abris d'urgence provisoires.

En décembre, 60 056 familles de Kandavalai, Karachchi Maruthankerny et Puthukkudiyirippu ont reçu des vivres, des vêtements et des articles d'hygiène. Ces secours provenaient du gouvernement indien, qui en avait fait don au CICR en novembre en faveur de la population de Vanni touchée par le conflit.

Le CICR, intermédiaire neutre entre le gouvernement et les LTTE

En tant qu'intermédiaire neutre, le CICR a facilité durant presque toute l'année 2008 la circulation des civils, des malades et des blessés, des membres de la Croix-Rouge de Sri Lanka et de différents responsables, ainsi que des vivres et d’autres secours, à travers la ligne de front. Pendant cette période, il a également permis à plus de 273 000 civils et 32 000 véhicules à passer d’un territoire à l’autre.

En décembre, le conflit a continué de perturber la circulation des civils, des véhicules civils, des ambulances et des convois humanitaires à travers le no man's land situé entre les zones tenues par le gouvernement et celles aux mains des LTTE. Durant ce mois, le CICR a facilité l'entrée dans la région de Vanni de 199 ambulances transportant 505 malades ou blessés, et de près de 1 190 camions chargés de secours. Le personnel du CICR a également transporté à travers la ligne de front les corps de 204 combattants tombés au combat.

Protection des civils et des personnes détenues en raison du conflit armé

Le CICR continue de suivre de près les violations du droit international humanitaire dont seraient victimes les civils dans tout le pays. Lorsque c'est nécessaire, il entreprend des démarches auprès des autorités concernant des personnes portées disparues, des arrestations arbitraires, le recrutement de mineurs, des exécutions extrajudiciaires et des mauvais traitements infligés à des civils ou des détenus par des porteurs d'armes. Les allégations de violations sont discutées de manière confidentielle avec les parties au conflit armé.

En coopération avec des responsables du gouvernement et des LTTE, le CICR a visité un nombre croissant de personnes arrêtées à cause du conflit armé pour se rendre compte de leurs conditions de détention et du traitement qui leur est réservé. En décembre, les délégués du CICR se sont entretenus sans témoin avec plus de 900 détenus de sécurité dans une cinquantaine de lieux de détention gouvernementaux, à travers le pays. Ils leur ont fourni des vêtements, des articles de toilette et de loisir. Le CICR a couvert les frais de voyage de six anciens détenus qui rentraient chez eux en transport en commun, et des familles de plus de 465 détenus qui souhaitaient rendre visite à leurs proches en détention.

Rétablissement des liens familiaux au moyen des messages Croix-Rouge

Les messages Croix-Rouge aident les membres d'une même famille séparés par le conflit armé à rester en contact. En décembre, le CICR et la Croix-Rouge de Sri Lanka ont collecté ou distribué 685 messages.

Meurtre d'un membre du personnel du CICR à Jaffna

Un membre du personnel du CICR a été tué par balle à Jaffna le 23 décembre dernier. Il était père de deux enfants et travaillait pour le CICR depuis 1999. L'incident a eu lieu alors que la victime descendait d'un bus pour se rendre à son travail. Les autorités de police ont ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes qui ont conduit à cette mort tragique.




Informations complémentaires :
Carla Haddad Mardini, CICR Genève, tél. : +41 22 730 24 05 ou +41 79 217 32 26
Sarasi Wijeratne, CICR Colombo, tél. : +94 11 250 33 46 ou +94 773 158 44

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15-01-2009