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Mali: nos actions de janvier à décembre 2024

A la découverte des ravages de l'inondation

En 2024, la situation humanitaire est restée alarmante. Les déplacements, souvent répétitifs et prolongés, la perte des moyens de subsistance, les vols de bétail ainsi que les difficultés d’accès aux denrées alimentaires demeurent des réalités quotidiennes. À cela s’ajoutent le banditisme et la criminalité qui entravent la libre circulation des personnes et des biens. La sécheresse s’est installée dans certaines régions tandis que d’autres ont été frappées par des inondations. Ces facteurs combinés ont accentué la vulnérabilité des populations, générant des besoins multiples et complexes.

2024 a aussi marqué les 75 ans d’existence des conventions de Genève, pierre angulaire du DIH, qui rappelle la nécessité de préserver l’humanité et de réduire autant que possible les souffrances évitables.

Fidèle à son mandat, le CICR a maintenu sa proximité avec les populations les plus durement touchées par le conflit. En partenariat avec la Croix-Rouge Malienne (CRM) et en collaboration avec les autorités nationales, régionales et locales, le CICR a continué à fournir une assistance humanitaire d’urgence -comme à Sangha après les inondations – tout en renforçant la résilience des communautés à l’exemple de la coopérative « Tadhile » de Tombouctou.

Le CICR a également poursuivi son dialogue bilatéral, confidentiel et constructif avec toutes les parties au conflit afin de promouvoir le respect du droit international humanitaire (DIH) et des principes humanitaires pour atténuer les souffrances humaines. Des sessions de sensibilisation sur le DIH et le rôle du CICR ont été organisées auprès de divers publics, comme les autorités administratives de Tombouctou, Gao et de Taoudéni.En 2025, aux côtés de la CRM et des autorités, le CICR poursuivra ses efforts pour aider les personnes affectées par le conflit et d’autres situations de violence à retrouver leur dignité et à rebâtir leur avenir.

Chiffres 2024

Protection

Education aux risques des engins explosifs

Qu’ils soient dissimulés sous terre ou tapis à la surface, les engins explosifs improvisés (EEI) causent des ravages considérables. Invisibles et souvent insoupçonnés, ils détruisent les vies, blessent grièvement et compromettent les moyens de subsistance des populations. Le CICR mène plusieurs activités en faveur des victimes dont:

  • la prise en charge médicale d’urgence, 
  • la prise en charge psychologique dans les structures de santé soutenues par le CICR, 
  • la réadaptation physique (en collaboration avec le Centre National d’Appareillage Orthopédique et les Centres Régionaux d’Appareillages Orthopédique),
  • l'assistance économique pour permettre aux victimes les plus vulnérables de retrouver leur autonomie.  

Parallèlement, dans le cadre de la prévention, le CICR mène aussi des campagnes de sensibilisation auprès des communautés les plus exposées. Ces activités visent à réduire les risques et à renforcer la résilience des populations face à cette menace.

Eau et Habitat

L'eau potable, un défis en moins

À Kidal, les ressources en eau souterraine sont rares et le système d’adduction d’eau potable est vieillissant alors que le besoin est criant. En effet, la densité de la population qui a augmenté en raison des déplacements accentue la consommation d’eau, dont la plus grande partie est fournie par la société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP).

« Il y a plus de 46 000 habitants à Kidal, dont environ 3000 déplacés. La production moyenne actuelle est estimée à 255 m³ par jour alors que le besoin est estimé à 1 840 m³ par jour pour un ratio de 40 litres par personne et par jour. Ces chiffres traduisent un déficit de production de près de 1 585 m³ par jour », explique Fatogoma Traoré, ingénieur du CICR.

Avec une précipitation moyenne de 100 à 120 mm par an, le climat sahélien de la région est rude. Aucun cours d’eau pérenne ne s’y trouve, que ce soit à l’intérieur ou encore aux abords. Certaines eaux souterraines exploitées sont saumâtres et provoquent des maladies hydriques, notamment chez les enfants.   

 

De l'énergie solaire pour sauver des vies

L’hôpital régional de Gao est réputé pour la qualité de son plateau technique et sa gestion efficace des urgences. Sa position géographique et la qualité des soins dispensés attirent les populations de plusieurs régions du Nord. Toutefois, ces derniers temps, la crise énergétique qui secoue le pays a porté un coup dur à son fonctionnement et sa capacité d'action. 

« Il n’était pas rare que des interventions urgentes soient reportées ou retardées en raison des coupures d’électricité. Aujourd’hui, dès qu’un cas nécessitant une opération ou une réanimation se présente, la prise en charge est immédiate, car l’approvisionnement en électricité est désormais assuré ».

Conflit et changement climatique

Pendant la saison hivernale, le Mali a été frappé par de fortes précipitations, entraînant des inondations dévastatrices. À 75 kilomètres de Mopti, la région de Bandiagara a été durement touchée. Les besoins humanitaires déjà exacerbés par le conflit et les violences armées ont pris plus d’ampleur.

« On a enregistré plus d’une centaine de maisons effondrées, des blessés, des morts, des greniers détruits et plus de 70 hectares de champs complètement submergés », explique Adama Djiguiba, président de la Croix-Rouge Malienne à Bandiagara.

 

Construction d'un puit artisanal pour abreuver les troupeaux

 

A Tidermène, l’hivernage durait trois mois et la répartition pluviométrique était bonne. La mare connue pour approvisionner la ville et les villages environnants était remplie toute l’année. Maintenant, sa capacité de rétention ne dépasse pas trois mois après la fin de la saison pluvieuse. 

« Le conflit, les violences armées et les vols de bétail m’ont obligé à quitter Tintbaraden pour Tassassat.  C’était difficile de nourrir et d’abreuver mon bétail, alors je suis venu à Tidermene. J’espérais trouver un climat moins austère. Malheureusement, la sécheresse s’y est installée : la mare a tari », Mossa Ag Aliedou, un éléveur.

Securité Alimentaire

Des femmes en première ligne pour la sécurité alimentaire

 

À Tombouctou, les violences armées perturbent gravement la production et l’acheminement des denrées alimentaires. L’agriculture, l’une des principales activités de la région, repose sur les cultures céréalières de saison (en quantité insuffisante) et sur les cultures maraîchères de contre-saison. Cette dernière, très prisée dans la région, est particulièrement difficile à pratiquer. 

Notre bulletin d'information - faits et chiffres 2024

Bulletin CICR Juil. - Déc. 2024 _ Web.pdf
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